Une crise silencieuse décime les abeilles aux États-Unis : Varroa et virus en cause
Posté le 05/01/2026
Une crise silencieuse décime les abeilles aux États-Unis : Varroa et virus en cause
Début 2025, l’apiculture américaine a connu l’une des plus graves catastrophes de son histoire. Plus de 60 % des colonies d’abeilles ont disparu, soit environ 1,7 million de ruches, entraînant des pertes économiques estimées à 600 millions de dollars. Au-delà de l’impact financier, cette hécatombe menace la pollinisation agricole, pilier de la production alimentaire mondiale.
Un coupable inattendu
Contrairement aux craintes initiales, la cause n’était ni un nouveau pesticide ni un événement climatique extrême. L’enquête menée par le USDA a révélé une combinaison mortelle : des virus hautement virulents et le parasite Varroa destructor. Les analyses ont mis en évidence des niveaux alarmants de virus des ailes déformées (DWV) – notamment la variante B – et du virus de la paralysie aiguë des abeilles (ABPV). Chez les abeilles symptomatiques, la charge virale était si élevée qu’elle entraînait une mort rapide.
Varroa, le vecteur devenu incontrôlable
Ces virus ne se propagent pas seuls. Le Varroa destructor, parasite bien connu, agit comme une seringue contaminée, injectant directement les pathogènes dans les abeilles. Le problème s’est aggravé lorsque les chercheurs ont découvert que 100 % des acariens analysés étaient résistants à l’amitraz, l’acaricide le plus utilisé. Cette résistance a permis une explosion des populations de Varroa et, par ricochet, des infections virales.
Des preuves accablantes
Pour confirmer la dangerosité des virus, les scientifiques ont inoculé en laboratoire des extraits viraux provenant d’abeilles malades. Résultat : une mortalité fulgurante. Un seul échantillon contenait assez de virus pour tuer 66 millions d’abeilles, illustrant la virulence extrême de cette combinaison.
Un enjeu global pour la sécurité alimentaire
Si des facteurs comme la malnutrition ou l’exposition aux pesticides ont pu fragiliser les colonies, la cause principale reste la cascade Varroa + virus. Ce phénomène met en péril la pollinisation des cultures, notamment en Californie, où les amandiers dépendent fortement des abeilles.
Quelles solutions ?
Les experts appellent à une approche intégrée pour sauver les abeilles :
Développer de nouvelles stratégies de lutte contre Varroa.
Réduire l’usage des pesticides.
Favoriser la diversité florale.
Adapter les pratiques apicoles au changement climatique.
La survie des abeilles est cruciale pour la sécurité alimentaire mondiale. Sans elles, c’est toute la chaîne agricole qui vacille.